1 380 kW s’attaquent à la roche

magazine

Jan Coesens Transport transporte une grue de 105 tonnes de l'entreprise Princen jusqu'à Visé.

Percer à 15 mètres de profondeur dans la roche est un jeu d'enfant pour « The Beauty » et « The Beast ».


L’entreprise Princen de Gingelom est spécialisée dans les travaux de démolition et la construction de pipelines principalement pour le gestionnaire de réseau Elia, la Défense et le secteur nucléaire. Elle dispose à cet effet d’un vaste parc de machines, dont plusieurs grues, qui ont déjà reçu un nom approprié. Découvrez « The Beauty » et « The Beast ».



Wesley Princen est un homme entreprenant. Lorsqu’il a commencé ses études de génie civil en 1998, il a immédiatement lancé sa propre entreprise de travaux de terrassement. Pour lui, il ne s’agissait que d’une petite étape, démarrant par l’excavation de caves à Gingelom et ses environs jusqu'à devenir un partenaire privilégié de grands noms comme Elia et le ministère de la Défense. Il y a quelque temps, cette relation professionnelle l'a amené, avec le fleuron de ses grues, la Volvo EC750E HR - surnommée affectueusement « The Beast » par Wesley et nombre de ses 14 000 abonnés sur Facebook - à Visé, pour les travaux préparatoires à la construction d'un tunnel sous la Meuse. « La Défense va construire un pipeline à haute pression dans ce tunnel de 2 mètres de diamètre afin que des travaux d'inspection et d'entretien puissent également être réalisés sous la Meuse à l'avenir. Le seul problème, c'est qu'il faut traverser une couche rocheuse sur une rive et c'est pourquoi nous allons recourir à « The Beast », raconte Wesley, alors que tout est prêt pour transporter la grue de 105 tonnes.



1 675 chevaux au galop.

Le transport de grues lourdes est un travail de spécialistes. C’est pourquoi Wesley Princen fait appel, pour acheminer cette grue, à Jan Coesens Transport, qui avance immédiatement son camion. Il s’agit de l’un des deux premiers Actros SLT 5363LS GigaSpace 10x4, livrés à la fin de l’année dernière par Mercedes-Benz Trucks Belux et ses partenaires spécialisés en transformation. « Nous n’avons délibérément pas investi dans un Actros SLT. Ce type de transport lourd est trop peu fréquent pour cela. Pourtant, tant notre Actros 3363 que l’Arocs 3763, avec le moteur 460 kW et l’embrayage à ralentisseur turbo au fonctionnement fantastique, disposent de la même chaîne cinématique qu’un SLT. Il s’agit donc d’un trajet effectué avec 1 380 kW, car la grue elle-même part sur le camion à cinq essieux de Coesens, tandis que notre Actros transporte le bras de la grue sur son semi-remorque Faymonville à cinq essieux et que le lourd contrepoids fait le trajet sur le camion surbaissé à trois essieux derrière l’Arocs », précise Princen.



Bienvenue dans le mobilier routier.

Le trajet entre Gingelom et Visé ne se fait que par des routes intérieures jalonnées d'une grande quantité de mobilier routier. « Cela ne facilite pas notre travail et comme nous roulons souvent avec des charges de 120 à 160 tonnes, l’embrayage à ralentisseur turbo de Mercedes-Benz fait ici une grande différence », explique Jan Coesens. Le transporteur de Schendelbeke est un adepte des tracteurs à cinq essieux. « C’est une idée que j’ai trouvée aux Pays-Bas et que Mercedes-Benz a réalisée en régie sur la base d’un Actros 5363LS SLT 8x4 avec un essieu arrière de 9 tonnes. Le cinquième essieu nous permet de travailler sans dolly en combinaison avec le bon semi-remorque, de telle sorte que nous sommes non seulement plus agiles, mais aussi que nous pouvons charger et décharger plus rapidement », explique encore Coesens. Des paroles prophétiques, semble-t-il, car au cœur de Visé, la plus lourde et la plus grande des trois combinaisons ne peuvent prendre un virage à droite qu'en déviant d'abord vers la gauche avant de tourner. « Grâce à mon cinq essieux, j’ai pu quand même facilement prendre la bonne direction avec quelques manœuvres », déclare le chauffeur Dieter Noreilde une fois arrivé à destination.



Solide, profond et petit.

Il faudra finalement une dizaine de semaines à « The Beast » pour, assistée par « The Beauty », une Volvo EC300E MP, percer le sol rocheux de 15 mètres d'épaisseur. « La particularité de ce travail réside dans plusieurs facettes », explique Wesley Princen. « Le sol est très dur, ce qui a nécessité un marteau de 9 tonnes alors qu'à la fin, nous avons dû travailler à 14 mètres de profondeur, ce que nous avons réussi à faire grâce au long bras de notre grue et quelques entretoises. Enfin, l'espace ici était très limité, car nous sommes coincés entre une paroi rocheuse et les conduites d'utilité publique qui couraient le long de la route, mais nous avons finalement réussi à mener à bien la mission et nous sommes prêts à recevoir le tunnelier de ce côté de la Meuse », selon Wesley Princen.

Pas encore de commentaires